Il ne porte pas du coton, il porte du message. Il ne suit pas la mode, il la recycle. Au Bénin et précisément à Cotonou, tout le monde connaît sa silhouette excentrique, mais peu connaissent vraiment l’histoire de l’homme qui se cache derrière les lunettes noires et les costumes en canettes.
Qui est le Président Djangoun ?
Impossible de le manquer : Président Djangoun, de son vrai nom Zinli Roberto, est devenu l’une des signatures visuelles les plus étonnantes du Bénin.
Autodidacte, performeur, styliste, showman bref, un créateur qui refuse la case dans laquelle on voudrait le ranger. Il surgit dans les rues, sur scène, ou dans des vidéos virales avec des tenues qui ressemblent à des manifestes : brillantes, théâtrales, assumées. Djangoun ne cherche pas seulement à être vu : il cherche à être entendu visuellement. Un ambassadeur flamboyant d’une créativité béninoise décomplexée, qui s’impose désormais dans les fils d’actualité et attire les médias par son audace.
De quels matériaux il se sert, d’où ils viennent et quels styles il privilégie ?
Il y a encore quelques années, croiser Djangoun en pleine “collecte” dans les rues suscitait l’incompréhension. Un homme qui s’arrête pour ramasser ce que les autres jettent, qui remplit des sacs de canettes vides, de vieux sachets plastiques ou de bouts de ferraille rouillés… Dans l’imaginaire collectif, c’est souvent le signe de la folie.
Djangoun le confie sans détour : il a vu des regards se détourner, des amis s’éloigner. On le traitait de “fou”. Mais là où le commun des mortels ne voyait que des ordures, Djangoun, tel un alchimiste des temps modernes, visualisait déjà la métamorphose.
C’est cette persévérance qui l’a propulsé des poubelles à la lumière. Le “fou” du quartier est devenu un génie créatif salué par la critique. Aujourd’hui, ses costumes scintillent sous les projecteurs des médias internationaux (France 24, TV5 Monde, BRUT) et il enchaîne les distinctions. Il a prouvé qu’au Bénin, la valeur d’un homme ne dépend pas de la richesse de ses matériaux, mais de la richesse de son imagination.
Chez Djangoun, la mode ne commence pas dans un atelier : elle naît au coin d’une rue, sur un tas de déchets, dans le chaos d’un marché. Sa matière première : le rebut. Canettes métalliques, capsules, tuyaux en plastique, pièces de monnaie, chutes électroniques, emballages… Tout ce que la ville rejette, lui le récupère. Et mieux encore : il magnifie ces objets en pièces sculpturales dignes d’une scène futuriste.
Côté style, Djangoun a développé une esthétique qui frappe droit dans les yeux : silhouettes affirmées, looks spectaculaires, accessoires qui claquent, couleurs vives et volumes assumés. On y retrouve l’écho lointain de la Sape mais remixée, dynamitée, poussée dans une dimension théâtrale qui appartient uniquement à lui. Sa mode n’est pas une proposition : c’est un uppercut visuel. Un mélange de satire, de poésie urbaine et d’art contemporain.
La Collection Véronique : pourquoi fait-elle autant de bruit ?

Parmi toutes ses créations, la Collection Véronique est celle qui cristallise le plus les regards. Une collection qui fonctionne comme une déclaration : une ode à la maison, à la dignité retrouvée des objets oubliés et à la puissance du recyclage créatif. Là où d’autres se contentent de fabriquer, Djangoun met en scène. Supervisée et révélée dans des vidéos très relayées, Véronique se distingue par ses silhouettes audacieuses, ses textures surprenantes et son jeu avec les symboles de la vie quotidienne.
Les pièces phares ? Des bustiers modulaires, des parures faites de pièces qui tintent, des accessoires entièrement réinventés à partir d’objets ménagers restructurés. La Collection Véronique révèle une créativité qui transforme la récup en pièces de caractère et impose une nouvelle façon de regarder les matières rejetées. La démarche mélange sensualité, irrévérence et storytelling visuel. Un vrai coup de projecteur sur une mode béninoise résolument contemporaine et cela n’a pas échappé aux créateurs de contenu ni aux médias qui l’ont relayée ces derniers mois.
Aujourd’hui, Véronique est devenue un repère dans son univers. Les réactions massives sur les réseaux vues, partages, commentaires confirment l’impact : cette collection n’est pas seulement admirée, elle est ressentie.
Le Président Djangoun transforme les rebuts en éclat, les objets ordinaires en haute-couture urbaine, et le quotidien en spectacle. Sa mode n’explique rien : elle vibre, elle claque, elle interpelle. À suivre sur ses plateformes, où chaque apparition est un épisode d’une créativité sans filtre.