Le 17 juin, le monde entier parle de désertification. Mais avant que tu ne zappes en pensant « encore un truc d’experts du climat », laisse-nous te raconter pourquoi cette journée parle de toi, de ton pays, et de paysages que tu connais peut-être mieux que tu ne le crois.
Et c’est exactement ce que la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse nous invite à regarder en face cette année.
C’est quoi cette journée, au juste ?
Chaque 17 juin depuis 1995, les Nations unies consacrent une journée à un combat discret mais énorme : empêcher nos terres de mourir. Pas une métaphore. Concrètement : la désertification, c’est quand des sols vivants, qui nourrissent les hommes et les bêtes, se dégradent jusqu’à devenir stériles. Et le chiffre qui fait froid dans le dos, c’est qu’aujourd’hui jusqu’à 40 % des terres de la planète sont déjà abîmées.
Ce n’est pas un hasard si cette journée a été pensée d’abord pour l’Afrique. C’est ici, et en particulier dans la bande sahélienne juste au-dessus de nous, que la pression est la plus forte. Le Bénin n’est pas une île : le nord du pays vit déjà au rythme de saisons sèches qui s’allongent et de terres qui se fatiguent.
Le thème 2026 : les routes des éleveurs
Et là, ça devient passionnant. Le thème retenu pour 2026 s’intitule « Parcours pastoraux : reconnaître, respecter, restaurer ». Traduction : on met enfin à l’honneur les pâturages et celles et ceux qui les font vivre.
Les parcours pastoraux, ce sont ces immenses étendues que parcourent les éleveurs et leurs troupeaux. On les regarde souvent sans les voir, et pourtant ils couvrent plus de la moitié de la surface terrestre et font vivre près de deux milliards de personnes dans le monde. Des familles rurales, des éleveurs, des communautés qui prennent soin de ces terres depuis des générations.
Tu vois où on veut en venir ? Quand on parle de pâturages et de transhumance, on parle du nord Bénin. On parle des éleveurs peuls, de la mobilité du bétail, d’un savoir-faire transmis de bouche à oreille et de pas à pas. On parle d’une culture vivante, pas d’un cours de géographie.
Pourquoi ça nous concerne, nous, ici
Parce que ces terres ne sont pas qu’un décor. Elles portent une histoire, une organisation sociale, une manière d’être au monde. Quand un parcours pastoral disparaît, ce n’est pas seulement de l’herbe qui s’en va : c’est un mode de vie, des repères, parfois des conflits qui naissent là où il n’y en avait pas.
La désertification touche d’abord les plus fragiles. Les communautés qui dépendent directement de la terre pour manger, pour faire vivre leur bétail, pour exister. Et dans le même mouvement, c’est une partie de notre patrimoine culturel qui s’effrite. Reconnaître la valeur de ces terres, respecter ceux qui les entretiennent, restaurer ce qui peut l’être : voilà le triple appel de cette année. Trois verbes simples, mais qui changent tout.
Une beauté qu’on peut encore protéger
Bonne nouvelle : rien n’est joué. La dégradation des terres n’est pas une fatalité, c’est le résultat de choix — et donc quelque chose sur quoi on peut agir. Gestion durable des pâturages, restauration des sols, valorisation des savoirs locaux des éleveurs : les solutions existent, et l’Afrique en porte déjà beaucoup.
Mais avant les politiques et les grands sommets, il y a une chose toute simple que chacun peut faire : regarder. Apprendre à voir la richesse de nos terres du nord, en parler, en être fier. Parce qu’on ne protège bien que ce qu’on aime, et qu’on n’aime que ce qu’on connaît.
Alors la prochaine fois que tu remontes vers Natitingou, Nikki ou Parakou, prends le temps. Regarde la savane, les troupeaux, les chemins tracés par des siècles de passage. C’est ça, le Bénin que la Journée du 17 juin nous demande de protéger. Et c’est, sans aucun doute, l’une de ses plus belles cartes postales.
Toi aussi tu trouves que le nord Bénin mérite plus de lumière ? Partage cet article et raconte-nous en commentaire ton plus beau souvenir de la savane. Et abonne-toi à Oukoikan pour découvrir le Bénin autrement — sa culture, ses régions, sa beauté.
