Au Bénin, le rap a déjà plusieurs décennies au compteur. Des premiers groupes qui ont fait leurs armes dans les années 1990 aux artistes qui occupent aujourd’hui les plateformes, la musique urbaine béninoise a parcouru du chemin. H2O Assouka, Ardiess Posse, CCC, Blaaz… Ces noms ont marqué des étapes importantes de cette histoire.
Aujourd’hui, Bobo Wê, Vano Baby, First King, T-Gang, Conex & Don et Ghix poursuivent l’aventure, chacun avec sa signature.
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Des pionniers aux nouvelles figures du rap béninois
Avant les tendances virales, il y avait déjà des micros, des groupes et des jeunes qui voulaient se faire entendre. À la fin des années 1990, H2O Assouka, Ardiess Posse et d’autres formations contribuent à installer le hip-hop dans le paysage musical béninois. Leurs textes, leurs performances et leurs choix artistiques ouvrent des voies. H2O Assouka se distingue notamment par l’usage du fon et l’intégration de références culturelles locales.
Les années 2000 voient ensuite émerger d’autres figures. Diamant Noir participe à cette dynamique. Puis le Cotonou City Crew, plus connu sous le sigle CCC, rassemble plusieurs rappeurs autour d’une ambition commune : donner davantage de visibilité à la musique urbaine béninoise. Blaaz, qui collabore avec le collectif à ses débuts, s’impose progressivement comme l’un des noms marquants du rap national. Des titres comme Aller-retour ou encore Boudha Love contribuent à sa notoriété.
Cette période laisse des traces. Elle installe des références, des façons de rapper et une culture du collectif. Surtout, elle prouve que le rap béninois peut développer ses propres repères. Les artistes qui arrivent ensuite héritent de ce terrain, mais ils ne sont pas condamnés à refaire la même musique.
Une nouvelle génération, plusieurs identités musicales
Aujourd’hui, la scène urbaine béninoise ne se résume pas à un seul son. Les artistes naviguent entre rap, trap, afrobeat et mélodies populaires. Certains privilégient les textes. D’autres misent sur les refrains, les performances ou les mélanges de rythmes. Cette diversité donne au public plusieurs portes d’entrée dans la musique locale.
Bobo Wê, par exemple, développe le Gangan Trap, une approche qui rapproche les percussions traditionnelles du gangan des sonorités hip-hop et trap. Son morceau Bénin, dévoilé en juillet 2026, va plus loin dans cette démarche. Il évoque des figures historiques, des rythmes, des spécialités et des sites touristiques du pays. La musique devient alors un moyen de faire découvrir le Bénin, sans renoncer aux codes contemporains.
Vano Baby, lui, s’est construit une place auprès du public grâce à des titres populaires et à une présence régulière sur la scène musicale. First King poursuit également son parcours. Son album Alpha, sorti le 28 août 2026, comprend notamment Je suis béni, un titre entré dans le Top 20 Apple Music Bénin début septembre. Ce résultat témoigne de l’intérêt suscité par ses nouvelles sorties.
T-Gang, Conex & Don et Ghix complètent ce paysage. Ils apportent leurs propres couleurs à une scène où la mélodie, le flow, les collaborations et les influences locales comptent de plus en plus. Leurs trajectoires sont différentes. Leur point commun ? Ils participent à faire vivre une musique qui évolue avec son époque.
Faire entendre le Bénin au-delà de ses frontières
Être un porte-étendard de la musique urbaine béninoise ne consiste pas seulement à sortir un morceau qui marche. Il faut aussi construire un univers, fidéliser un public et défendre une identité artistique. Les sonorités locales, les langues nationales et les références culturelles peuvent y contribuer. À condition de ne pas devenir de simples éléments de décor.
Le travail de Bobo Wê en donne une illustration. En mêlant gangan et trap, il propose une signature reconnaissable. Avec Bénin, il utilise aussi la musique pour attirer l’attention sur le patrimoine et les destinations du pays. Cette démarche rappelle qu’un artiste peut toucher les auditeurs tout en leur donnant envie d’en savoir plus sur leur propre culture.
Les plateformes numériques offrent de nouvelles possibilités. Un titre peut circuler rapidement, toucher la diaspora et attirer des auditeurs étrangers. Mais les vues ne suffisent pas à bâtir une carrière solide. La qualité des productions, la régularité des sorties, le management, les concerts et la rémunération des œuvres restent essentiels.
Le public a également son rôle à jouer. Écouter les artistes béninois, partager leurs morceaux et répondre présent lors des concerts contribue à soutenir cette industrie. Les médias, les organisateurs et les professionnels du secteur ont, eux aussi, une responsabilité dans la visibilité des talents.
La musique urbaine béninoise possède une histoire, des figures marquantes et une relève qui cherche sa voie. Les portes-étendards d’hier ont ouvert le chemin. Ceux d’aujourd’hui le prolongent, parfois bien différemment. Et les prochains ont encore des pages à écrire.
